Ils se souviennent

Aujourd’hui, ce sera leur journée. Les anciens du Tygre organisent, en effet, à Yutz, au stade Vasquez, la 6e édition du challenge Didier-Henri, une journée qui commencera à 10 h, qui ne se terminera pas et qui sera agrémentée, à 15 h, du match du souvenir entre les Yussois du Tygre et Hagondange. Ce match du souvenir consacré à la mémoire de Didier Hergat, l’ex-seconde ligne, et à celle de Henri Manente, l’entraîneur, tous les deux trop tôt disparus, sera aussi un match à offrir à Philippe Hellier, l’ex-pilier, le gardien du temple, décédé, lui aussi brutalement. « Nous ne les avons pas oubliés. Nous formons un bloc indivisible. Le rugby nous a appris la fraternité. Elle est dans nos valeurs », explique Thierry Cétyjan, celui qui a pris le relais de la mémoire vive avec Laurent Jacquemet.

« Chaque challenge est différent. Nous le voulons ainsi et nous mettons au centre la convivialité. Depuis toujours, c’était Philou (Philippe Hellier) qui s’occupait de la communication. Cette journée, c’était son bébé. Nous, au relais, nous voulons le faire grandir ».

Hellier, dit Barbu, dit Pain au lait pour sa générosité, nous téléphonait pour nous avertir que le moment de penser au « Grand Ferré » et au « petit Napoléon » était venu, et il ajoutait toujours : « Ne parlez pas de moi ». « Il était notre âme, l’âme de notre groupe », tient à préciser Cétyjan. Le match annuel du souvenir opposera les anciens de Yutz à ceux de Hagondange réunis autour de Philippe Vadlinger, dit Gadgy. « Nos adversaires d’hier sont nos amis d’aujourd’hui, reprend Cétyjan. Ce sont même nos frères. Ce qui reste du sport quand la jeunesse est passée, c’est ce sentiment de partager les mêmes valeurs, la même philosophie, la même idée de la vie que ceux qui vous faisaient face, hier », conclut le Yussois.

« Nos adversaires d’hier sont nos amis d’aujourd’hui. Ils partagent les mêmes valeurs de la vie ». De Thierry Cétyjan, au relais de Philippe Hellier, chargé de la communication des anciens

« Pour le grand Ferré, le petit Napoléon, et la grande âme »

Didier Hergat, le Grand Ferré, homme à la moustache à la Dali, avait été durant de longues années le preneur de balles en touche de Yutz, un pousseur en mêlée hors pair. Henri Manente, le petit Napoléon, l’entraîneur, était un stratège militaire. Et un homme cultivé. Philippe Hellier, la petite grande âme, un soldat de première.